Pousser la porte de Sébastien Tessier ...

c'est pénétrer dans un univers extraordinaire tout droit sorti d'un roman du XIXe.

Les yeux du néophyte s'écarquillent devant les objets anciens, les meubles étranges et le décor d e la pièce dans lequel on s'attendrait à voir surgir une dame en crinoline. 

Chapelier depuis 25 ans, Sébastien est aussi formier, le dernier de France. L'outillage qui a peu changé

confère à l'atelier cet aspect d'un autre temps. « Le mobilier vient de la chapellerie Brosson de Toulouse

qui a fermé ses portes. "Le patron était un client du temps où je fabriquais des Panama".

Originaire de Pipriac, Sébastien est d'abord technicien dans le théâtre à Paris où il s'occupe déjà

de costumes.

Il décide alors de passer le CAP de modiste. Lors de son apprentissage de chapelier, il alterne entre

la Maison Michel tenue alors par Pierre Debard, Maître d'Art et l'atelier de Tino Re qui lui apprend le métier

de formier. Il apprend à faire des formes, des supports et des têtes en bois. Au bout de treize ans, il s'en va,

tenté par une expérience dans la production de Panamas, qui durera 7 ans. Vestige de cette aventure,

une presse à chapeau en aluminium au gaz, vieille d'un siècle. Puis, il retourne chez Michel, racheté alors

par Chanel. 

Aujourd'hui Sébastien crée sa propre entreprise et entend développer aussi son activité autour du chapeau historique. "Le port du chapeau, autrefois la norme, est devenu un objet original qui donne une personnalité.

Il y aura toujours des chapeaux".  La fabrication d'un chapeau demande un savoir-faire complexe. 

« Pour le haut-de-forme, par exemple, on a besoin d'un bord puis d'une calotte en bois sur laquelle on place

le feutre afin de le former après l'avoir apprêté avec une colle spéciale, puis on le passe à la vapeur.

La couture finit d'assembler les morceaux. » 

 

À chaque matériau, cuir paille, fourrure, sa machine à coudre. L'étage de l'atelier est réservé à toutes ces anciennes machines, qui attendent que le maître leur redonne vie...